COVID-19 : Et demain ?

La crise sanitaire que nous traversons parviendra-t-elle à nous faire modifier nos fonctionnements, économique, politique, social, environnemental… ? A l’heure où un déconfinement progressif est annoncé en Belgique, aucune mention de mesures écologiques dans la relance des industries et des transports. Aucune mention du refinancement du secteur de la santé. Aucune mention de changements pour le secteur aérien ni celui des biens de consommation. Aucun questionnement, non plus, des aides publiques aux entreprises établies dans les paradis fiscaux.  

Les jeux sont-ils faits ?

Pourtant, l’arrêt forcé de nos activités habituelles, cette adaptation abrupte à de nouvelles normes ont amené nombre d’entre nous à questionner ce que nous souhaitions pour le monde de demain. L’indignation a été partagée sur les réseaux sociaux, les applaudissements ont retenti pour les professionnels de santé. Les sociologues, les philosophes ont pris la parole, les scientifiques ont alerté des risques d’une reprise « business as usual ».

Et puis quoi ?

Comment faire pour que les voix parviennent aux oreilles des décideurs et décideuses politiques pour que nous n’évoluions plus sur des voies ferroviaires parallèles ? Et comment faire pour que nos élans dépassent le quart d’heure d’intérêt ?

« Chers auditeurs, chères auditrices, bonjour. 12h est devenu le triste rendez-vous de décompte du nombre de décès dans notre pays. Le bilan actuel fait état de 30 morts supplémentaires par rapport à hier, 30 de plus donc qui s’ajoutent aux 7.000 décès déjà comptabilisés cette année en raison du réchauffement climatique. » Voilà une ouverture de journal que nous n’entendons jamais. Pourtant, nous serions là aussi capables d’agir pour que les courbes s’aplatissent. Là, ni l’urgence ni l’ampleur ne sont plus questionnées, sauf par une poignée d’inaptes.

La crise COVID a déjà démontré une fantastique capacité de mobilisation mondiale, à une vitesse incroyable. La crise environnementale n’y est jamais, encore, parvenue. Peut-on oser espérer qu’une zone de conscience collective se soit allumée ?  Mais si ni l’urgence d’une crise, ni son ampleur, ni son impact pour l’espèce humaine ou la Terre, ne font basculer notre système, de quoi avons-nous besoin ?

Aujourd’hui encore, notre travail en citoyenneté mondiale et solidaire nous semble plus que jamais utile pour récolter les idées, en créer de nouvelles, pour nous interroger, et pour construire sur le socle de valeurs collectives qui ont été réveillées par cette crise. Les étudiantes, les étudiants sont les premiers indignés, ils seront les premiers décideurs et décideuses, demain, et leurs enfants seront les plus grands impactés. Les accompagner et les soutenir dans une réflexion systémique nous paraît indispensable.