Coopération et troubles politiques


Stop ou encore ? Quelle attitude adopter lorsque se déroulent dans des pays où nous sommes actifs des événements politiques qui nous semblent contraires aux principes de bonne gouvernance auxquels nous sommes attachés ?

Une question qui se pose et se repose  à  intervalles irréguliers, au gré des soubresauts politiques agitant notre planète et plus particulièrement le continent africain.  

Certains nous suggèrent de nous retirer pour ne pas cautionner. De ne plus apporter de fonds ni de support technique dans des pays dont les dirigeants ne respectent pas ce qui nous semble sacré. Une Constitution, par exemple.

Mais la question est plus complexe. Principes et pragmatisme font rarement bon ménage. D’abord, il faut rappeler que notre action n’est pas au service des autorités d’un pays, mais de ses populations. Celles-ci, et en particulier les plus démunies auxquelles nous nous adressons, ne sont jamais responsables des mouvements politiques en question. Pire, elles en sont pratiquement toujours les premières victimes.

Par ailleurs, nos efforts s’inscrivent dans la durée. Des mois, souvent des années sont requis afin de mettre en place les améliorations auxquelles nous nous attelons. Interrompre notre action, même temporairement, risquerait souvent de réduire à néant tout ce que nous avons mis des années à construire.

Il existe encore une troisième voie : poursuivre notre action mais en prenant position et en tentant de faire pression. C’est une approche séduisante au premier abord, mais pas toujours applicable et dans tous les cas, à manier avec beaucoup de prudence. D’abord, parce que notre vocation est d’être neutres et apolitiques. Ensuite, parce que nous devons nous méfier du syndrome de paternalisme qui a trop longtemps régi les relations entre nos pays et ceux d’Afrique. Enfin, last but not least, parce que nous ne pouvons en aucun cas oublier la situation des travailleurs locaux associés à notre action, que des prises de position trop tranchées de notre part risqueraient de mettre en grande difficulté, voire en péril.