Éclosions multiples au Burkina Faso

2017 a été une année de nouveautés pour nos actions au Burkina.

Un bureau de représentation d’ULB-Coopération, composé de 4 personnes, a été ouvert. Après un long processus administratif, il est en passe d’obtenir une reconnaissance légale. Le nouveau programme financé par la Coopération belge (DGD) a démarré. Il nous a permis d’élargir notre zone d’intervention à la province du Nahouri. Il a également permis d’initier deux importants nouveaux partenariats.

Avec ses nouveaux partenaires, les associations APAF et NatuDev, ULB-Coopération intervient maintenant au centre-sud du Burkina dans la zone dite du « Corridor des éléphants ». Cette zone de 4.500 ha bordée de 6 villages, permet la transhumance, notamment des éléphants, entre deux réserves naturelles, le Parc Kaboré Tambi et le ranch de Nazinga. Ne disposant pour l’instant d’aucun statut officiel, cette zone est exploitée par les paysannes et paysans qui s’y fournissent en matières premières diverses, ce qui non seulement mène à sa dégradation progressive mais restreint également le passage des animaux.

L’objectif de l’action est d’améliorer les conditions de vie des populations, tout en respectant cette zone à protéger en y installant une gestion durable de ses ressources naturelles.

NatuDev a entamé le processus de reconnaissance officielle de la zone en tant que zone protégée. Les populations sont associées à celui-ci. Elles sont sensibilisées à l’intérêt d’adopter une gestion durable des forêts et invitées à co-construire les plans d’aménagement. APAF apporte son appui technique et opérationnel aux agriculteurs et agricultrices pour les sensibiliser et les former aux techniques d’agro-foresterie.

Outre l’encadrement et le renforcement de ces deux partenaires, ULB-Coopération apporte son expertise technique et scientifique. Sur place, deux économistes, dont une junior, étudient notamment les filières d’exploitation des produits locaux (karité, miel) afin de proposer aux agriculteurs les schémas de commercialisation les plus rentables et durables. Notre équipe a également contribué à l’élaboration d’un projet de recherche développement (PRD) financé par l’Académie de recherche et enseignement scientifique (ARES) pour venir renforcer cette action. Il est mené par le Service d’écologie du paysage et systèmes de production végétale de l’ULB et par les universités de Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo et de Liège.

Avec notre ancien partenaire, l’association Impulsion, nous poursuivons les deux grands axes d’activités menés dans la zone de Barsalogho, au Nord du Burkina.

D’une part, la pérennisation du vaste parc hydraulique (près de 400 pompes mises en place grâce aux précédents financements obtenus par le SLCD). En 2017, avec un appui financier complémentaire d’Hydrobru, l’action vise à déployer un système performant et durable d’entretien préventif et curatif du parc. Un groupe d’artisans réparateurs a été mis en place. Il est chargé de la maintenance préventive du réseau et d’assurer des interventions rapides en cas de panne. Le salaire des artisans, l’achat des pièces de rechange, leurs déplacements sont pris en charge grâce aux cotisations payées par les usagers de l’eau. Le projet permet la formation des artisans ainsi que la mise en place du système de gestion permettant d’une part le suivi des recettes et des dépenses et d’autre part la planification des entretiens. Le deuxième axe concerne l’exploitation durable des produits dérivés de la forêt de Korko afin d’assurer de meilleurs revenus aux populations environnantes tout en préservant la faune et flore. Plusieurs modalités d’exploitation des fruits du balanitès, arbuste épineux qui pousse à profusion, sont en phase de test. Le développement futur de cet axe est malheureusement mis en péril par l’insécurité croissante qui règne dans cette région de plus en plus souvent victime de groupes religieux extrémistes venant du Mali.

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