Vers une couverture sanitaire universelle au Nord-Kivu ?

Début octobre, Éric Tchouaket, professeur agrégé à l’Université de Québec en Outaouais (UQO), docteur en santé publique et spécialiste en analyse des systèmes de santé et du financement de la santé, était en mission à Goma, dans le cadre du projet PADISS, pour étudier la possibilité de mettre en place un système d’assurance maladie dans la province du Nord-Kivu. 

À une échelle mondiale, l’accès aux soins est devenu une priorité, comme le montrent les Objectifs pour le développement durable (ODD), dont l’article 3 stipule que « donner les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges est essentiel pour le développement durable ».  Pour atteindre cet objectif, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande à tous les pays d’adopter une couverture sanitaire universelle. 

En République démocratique du Congo (RDC), le droit à la santé est inscrit dans la Constitution.  Cependant, une loi adoptée et promulguée par l’Assemblée nationale le 8 février 2017 ne rend obligatoire l’assurance maladie que pour les catégories de personnes dont « on sait retenir des cotisations à la source ». Le problème est que les personnes qui travaillent dans le secteur informel constituent 90 % de la population. Pour cette catégorie de personnes, l’assurance maladie est donc facultative… et impayable. 

Lors de sa mission, Éric Tchouaket a étudié la possibilité de mettre en place un système d’assurance maladie qui puisse bénéficier à toutes les couches de la population.  Il a rencontré différents acteurs dont le ministère provincial de la santé, les députés provinciaux, diverses organisations de l’administration publique provinciale, de la société civile, des ONG et des organisations internationales. « Il y a une véritable volonté politique », nous a-t-il confié. Le projet semble donc plutôt bien accueilli, même si le principal défi réside dans la sensibilisation à une culture mutualiste et dans l’accessibilité financière, puisque la RDC reste l’un des pays les plus pauvres du monde.

Le professeur d’université se rendra prochainement à Kinshasa, pour s’entretenir avec les autorités nationales.  Il reviendra ensuite à Goma pour présenter les principaux résultats de ses analyses.  Affaire à suivre.