Au Sénégal, avec des financements de la coopération au développement belge et de l’Agence wallonne de l’air et du climat (AWAC), les projets mis en place visent la hausse des revenus des populations, spécifiquement des femmes à travers des groupements d’intérêt économique (GIE) féminins, ainsi que l’adoption de de pratiques agroécologiques, pour une utilisation durable des sols.

Dans la région de Tambacounda, le partenaire local Am Bé Koun Solidarité (ABK-S) renforce les GIE les plus dynamiques, principalement par un appui technique (matériel de maraichage, clôtures, puits, unités de transformation notamment) et organisationnel (appui à la gestion administrative et financière). La mise en place de pompes à eau solaires, réduisant ainsi considérablement la pénibilité du travail pour les femmes, est un beau succès de l’année 2017.

À Mbour, l’ONG locale APAF Sénégal propose à des exploitants familiaux un programme d’agroforesterie unique en son genre étalé sur trois ans. Pour bénéficier de l’accompagnement d’APAF, les paysans candidats doivent disposer d’1 ha de terrain à cultiver, équipé d’un puits, et protégé contre les ruminants par une clôture naturelle en haie vive composée d’euphorbe et d’acacia. 100 nouveaux paysans et leurs familles intègrent chaque année ce programme. Ainsi, en 2017 ceux-ci ont bénéficié des conseils des formateurs APAF et des intrants (semences, gaines, petit matériel) nécessaires pour planter 80.000 arbres. Depuis la création de APAF Sénégal (membre du réseau APAF international), avec l’appui et les conseils de divers partenaires européens dont principalement ULB-Coopération, ce sont des milliers d’hectares qui sont en voie de restauration et de reboisement.

Formation

Afin d’augmenter leur robustesse et la pérennisation des projets, les ONG partenaires locales ont participé à des formations en gestion administrative et financière ainsi qu’en suivi et évaluation de projets. Ces échanges d’expertise se déroulent efficacement grâce notamment à ADG, membre du consortium Uni4Coop et qui dispose de personnel sur place. Dans ce même élan, deux responsables de projets de nos partenaires locaux Nébéday et Am bé Koun Solidarité ont participé à un stage international de deux mois à Gembloux, dans le cadre de la formation «Conception de projets pour le développement durable, l’adaptation et l’atténuation aux changements climatiques». Allant plus loin encore dans ces synergies Uni4Coop, ce stage a utilisé un outil d’intégration environnemental élaboré par un autre membre du consortium, Louvain Coopération !

Approche systémique et universitaire

Notre appui à l’agriculture familiale d’un côté, nos connaissances en matière de santé dans les pays du Sud, et nos relations avec l’École de Santé Publique (ESP) de l’ULB ont fait émerger des travaux de recherche-action, plus-value de la présence universitaire forte au sein d’ULBCoopération. Grâce à un financement de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), l’ESP, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et le partenaire ABK-S mènent ensemble une étude sur l’état nutritionnel du couple mère/enfant auprès des bénéficiaires des projets de l’ONG. Cette enquête servira à établir la base pour un suivi de l’état nutritionnel et les éventuelles modifications de comportement nutritionnel durant les cinq prochaines années. À terme, disposer d’outils d’éducation à la nutrition sera très pertinent.

Toubacouta, du bois à la paille

Production de charbon de paille à Toubacouta

Production de charbon de paille à Toubacouta

Les méthodes de fabrication et d’utilisation du charbon de bois peu efficientes et sa consommation massive par les ménages pour la préparation des repas, contribuent à la déforestation et à des émissions importantes de gaz à effet de serre. Dans sa recherche de biocombustibles performants, Nébéday, ONG partenaire locale spécialisée dans la protection de l’environnement, s’est lancée dans la création de charbon à base de paille comme alternative au charbon de bois. Par ce biais, l’association entend contribuer à l’atténuation et à l’adaptation aux changements climatiques, et à l’amélioration des conditions de vie des populations locales dans la région de Fatick. La paille récupérée (à laquelle est ensuite ajouté de l’amidon de riz pour constituer le charbon) dans les forêts constitue une biomasse renouvelable qui permet de limiter la coupe de bois, mais aussi les feux de brousse, deux phénomènes générateurs de nombreuses émissions de CO2.Cette solution est aujourd’hui en phase expérimentale, le charbon de bois demeurant très majoritairement utilisé. La seconde étape, seulement amorcée en 2017, vise à évaluer l’adoption par les populations de ce nouveau charbon.

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