En RDC, les indicateurs sanitaires sont inquiétants. La qualité des soins proposés à la population congolaise est trop faible, beaucoup trop faible. Avec l’aide de ses partenaires et des autorités locales, ULB-Coopération tente de contribuer à l’amélioration du système de santé dans les provinces du Nord-Kivu et de Kinshasa.

Goma, Nord-Kivu, RD Congo

Au Nord-Kivu, en 2017, ULB-Coopération a démarré un ambitieux projet de 5 ans cofinancé par l’Union européenne (90%) et la Coopération belge (10%) : le Projet d’appui au développement intégré au système de santé du Nord-Kivu (PADISS). Visant le développement intégré et durable du système de santé, PADISS agit selon 8 axes d’intervention complémentaires qui touchent tant les structures de santé (réhabilitation, équipement), que l’organisation du système (appui au fonctionnement et à la gestion), ou les individus (formation). Il cherche des solutions innovantes concernant l’organisation des soins en milieu urbain, le financement des soins ou encore les systèmes d’accréditation.

Durant cette première année de projet, l’équipe ULB-Coopération à Goma a, d’une part, oeuvré à soutenir et renforcer ses partenaires : la Division Provinciale de la Santé, autorité qui a la responsabilité de l’administration du secteur santé de la province (8 millions d’habitants), l’hôpital provincial du Nord-Kivu, et deux grandes zones de santé (Goma et Rutshuru). Elle a également mis en oeuvre directement 19 chantiers de constructions et réhabilitations de structures de santé sur l’ensemble de la province. En partenariat avec Erasme- Coopération (service de l’hôpital Erasme), le programme de formation continue des personnels de santé a été relancé.

Plan de développement de l’hôpital provincial

Un important travail avec le personnel a permis d’élaborer le plan de développement de l’hôpital. Il se compose de trois parties : le projet médical (réalisé avec l’appui d’AEDES), le projet immobilier de réhabilitation des bâtiments (réalisé en collaboration avec la Faculté d’Architecture de l’ULB), et le travail autour des thématiques de gestion et de gouvernance. Ce dernier volet essaye d’installer plus de transparence dans les pratiques. Il contient la description des outils de gestion comptable et de logistique (p.ex. stocks de médicaments). Il a permis la mise en place du Comité d’accompagnement du développement de l’hôpital, qui renforce la notion de contrôle interne et externe dans la gouvernance. Le comité de gestion de l’hôpital a également été renforcé par des représentants de structures extérieures et des représentants des malades chroniques.

Renforcement du soutien de la Division provinciale de la santé aux zones de santé

Une des fonctions de la Division provinciale de la santé (DPS) est d’encadrer les zones de santé (ZS) pour qu’elles remplissent correctement leur mission d’organisation des soins. Cela se traduit principalement par de l’accompagnement sous forme de supervisions, des apports matériels et financiers ainsi que par l’organisation de la formation continue du personnel. Ce soutien était malheureusement trop souvent défaillant. Un des chantiers menés en 2017 a été de rétablir des liens constructifs entre la DPS et les ZS. Un sondage effectué auprès des 33 zones de santé concernées par le projet montre que l’appréciation de l’appui de la DPS s’est notablement améliorée.

Amélioration de la qualité des structures de soins

Afin d’accéder aux financements publics et de certains bailleurs, les structures de soins doivent répondre à des critères minimums de qualité. Nos équipes ont accompagné les centres de santé des deux zones soutenues pour qu’ils parviennent à satisfaire ces conditions basiques concernant la qualité et la sécurité des soins. Aujourd’hui, tous les centres de santé de la zone de Rutshuru et 70 % de ceux de la zone de Goma répondent aux critères minimum attendus. Grâce à l’amélioration de l’accueil et aux ressources complémentaires, ces centres voient généralement leur fréquentation augmenter.

Recherche sur la zone de Goma

Plusieurs facteurs, comme le développement rapide des villes ou l’augmentation du nombre de médecins, imposent de mener une réflexion globale sur la structuration des soins de santé en milieu urbain. Deux études préliminaires ont été menées afin de mieux comprendre la situation actuelle. Elles ont fourni plusieurs éléments utiles pour alimenter la réflexion. Parmi ceux-ci, un est particulièrement interpellant. Pour un malade sur deux, le premier « prestataire de soins » rencontré est la pharmacie. 90 % des pharmacies sont tenues par des pharmacies sont tenues par des infirmiers qui, dès lors, administrent des soins sur place et dont le rôle se voit ainsi altéré, ce qui implique de repenser la fonction des officines dans la configuration globale de l’offre de soins en milieu urbain.

Qualité et sécurité des soins

L’appui d’experts de l’hôpital Erasme a stimulé une réflexion de l’ensemble de nos partenaires sur l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. Un atelier organisé sur ce thème a abouti à la rédaction d’une note stratégique sur la gestion des risques et la sécurité du patient. Elle sera un socle très utile pour orienter les actions futures.

Principales difficultés

PADISS s’ancre dans un environnement fragile d’un point de vue sécuritaire. La région du Nord-Kivu demeure instable. Les équipes doivent faire preuve d’adaptabilité et flexibilité constantes, afin d’aligner les activités aux possibilités concrètes. L’état des infrastructures telles que les routes rend également fastidieux l’accès aux zones reculées. Les chantiers de construction et de réhabilitation des structures de soins ont connu quelques incidents, qui sont restés mineurs.

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