À Kinshasa, grâce à des financements de la coopération belge, ULB-Coopération mène ses activités de santé dans deux volets distincts et complémentaires. D’une part, notre équipe, en collaboration avec la Chaîne de l’Espoir Belgique, participe à la mise en place d’une plateforme hospitalière, lieu de concertation et d’émulation des acteurs de soins visant l’amélioration des pratiques hospitalières. D’autre part, ULB-Coopération apporte un appui organisationnel et matériel à la zone de santé de Kintambo, à ses centres de santé et à son l’hôpital général de référence.

La plateforme hospitalière de gestion, un pari sur l’humain

La situation de la plupart des hôpitaux de la RDC, à l’exception de ceux soutenus massivement par des capitaux extérieurs nationaux et internationaux, n’est pas réjouissante. Les moyens (très) limités, l’organisation (très) déficiente conduisent, dans de trop nombreux cas, à des soins de qualité (très) insuffisante. Cependant, comme souvent, quelques mesures simples, peu onéreuses, soutenues par du personnel motivé permettent d’améliorer déjà significativement la prise en charge des patients. C’est le pari que font deux ONG, Chaîne de l’espoir Belgique et ULBCoopération, ainsi que certains hôpitaux en s’engageant dans la création de la plateforme hospitalière. Son objectif : donner aux femmes et aux hommes qui travaillent dans ces hôpitaux, la motivation, le surplus de compétences et les quelques moyens nécessaires pour améliorer sensiblement leurs pratiques quotidiennes et leur permettre de retrouver le sentiment du travail bien accompli.

2017 a été l’année des premières concrétisations de la plateforme. Après une longue gestation opérationnelle et administrative menée avec les autorités de la santé, la plateforme a introduit sa demande de reconnaissance en tant qu’ASBL congolaise. Statutairement, elle a été créée par les hôpitaux de Monkole, de Bominenge, de Bokonzi et Saint-Luc de Kisantu ainsi que par les organisations non gouvernementales Chaîne de l’Espoir Belgique, Rotary Clubs for Development Belgique et ULBCoopération. Elle vise à améliorer la qualité et l’accès aux soins de santé dans les hôpitaux du pays en favorisant le dialogue et les échanges entre les parties prenantes du secteur.

Concrètement, par l’organisation d’ateliers d’échange, de séminaires, de visites, elle offre aux personnels des hôpitaux un cadre qui permet de partager leurs expériences, de réfléchir sur leurs pratiques ou encore d’échanger des solutions concrètes dans les différents domaines du secteur hospitalier (médical, paramédical, technique et de gestion). Elle propose également des appuis spécifiques pour la réalisation de micro-projets d’amélioration de la qualité des soins au sein des hôpitaux.

Nouveaux services : urgences, soins intensifs et réanimation à Kintambo

L’hôpital de Kintambo, situé au nord-ouest de la ville de Kinshasa, est un hôpital d’état de 150 lits qui connaît toutes les difficultés de ce genre d’établissement, en particulier le sous-financement et la pléthore de personnel qui conduit une rotation importante des agents afin de donner à chacun quelques heures de prestation rémunérée. Malgré toutes ces contraintes, l’hôpital s’est engagé dans une démarche constructive d’amélioration. Des changements organisationnels se mettent lentement en place. L’hôpital s’est inscrit dans la dynamique de la plateforme hospitalière. En 2017, le service des urgences a été réhabilité et son fonctionnement optimalisé. Deux nouveaux services ont été créés : les soins intensifs et la réanimation, pour lesquels d’importants travaux ont été nécessaires. L’organisation de ces trois services a été réfléchie de manière concertée, en mettant au centre des discussions la qualité et la sécurité des soins apportés aux patients. Les premiers bénéfices se font déjà sentir au niveau de la population.

Centres de santé, le formel et l’informel

La zone de santé de Kintambo compte officiellement 18 centres de santé pour 100.000 habitants. Leur mission est d’offrir aux populations les premiers soins et d’assurer les activités de promotion de la santé (p.ex. consultations prénatales). L’augmentation du nombre de professionnels de la santé liée à une demande de soins de plus en plus importante a conduit plusieurs opérateurs privés à se lancer dans la création de structures sanitaires privées. Le niveau d’activité de ces structures et la qualité des soins proposée ne sont que très peu connus des responsables publics de la zone, pourtant chargés de coordonner l’ensemble de l’offre de soins (publique et privée). En 2017, un travail exploratoire minutieux a été réalisé afin de mieux comprendre cette offre de soins et ses modes de financement. Cette recherche va être poursuivie en 2018 pour aboutir à une cartographie globale qui permettra ensuite de coordonner des actions visant à rationnaliser l’offre et à améliorer sa qualité.

Perspectives

Dans les mois à venir, le travail consistera à consolider la plateforme et à la rendre indépendante en termes de gestion. Des micro-projets d’amélioration de la qualité au sein des hôpitaux membres seront financés, mis en oeuvre, évalués. Une recherche-action sur la gestion des risques et la sécurité des patients sera initiée. À Kintambo, en plus des services d’urgences, de soins intensifs et de réanimation qui ont été créés, il s’agira de poursuivre le travail de renforcement d’autres filières de soins déjà fonctionnelles (notamment la chirurgie) et d’ouvrir de nouvelles filières pour répondre adéquatement aux besoins. Le travail avec les centres de santé visera, lui, à intégrer les interventions adaptées au milieu urbain, autour des maladies chroniques et de la continuité des soins. La question de la formation sera également abordée : une synergie sera créée entre le centre de simulation de l’Institut des techniques médicales de Kintambo et la zone de santé, pour la formation continue des infirmiers. En ce qui concerne la formation des médecins, le Centre de Formation continue et d’Appui Sanitaire de Monkole sera sollicité.

Faites un don

Actualités